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Conduite malgré suspension : quelles sont les sanctions encourues ?

29/01/2026
Conduite malgré suspension : quelles sont les sanctions encourues ?
Prison, amendes, confiscation véhicule : découvrez les lourdes sanctions encourues en cas de conduite malgré suspension de permis

Chaque année en France, plus de 15 000 conducteurs sont interpellés au volant alors que leur permis est suspendu. Face à la tentation de reprendre le volant malgré une interdiction de conduire, les conséquences peuvent être dramatiques et durables. Maître HASSOUMI KOUNTCHE Boubacar, avocat à Caen en droit pénal et droit routier, vous éclaire sur les risques réels encourus selon l'article L224-16 du Code de la route. Comprendre l'escalade automatique des sanctions en cas de contrôle devient essentiel pour mesurer l'ampleur des conséquences.

  • Sanctions pénales : jusqu'à 2 ans de prison et 4 500 € d'amende, avec confiscation automatique du véhicule sans aucune indemnisation (même pour un véhicule de plusieurs dizaines de milliers d'euros)
  • Suspension supplémentaire : jusqu'à 3 ans s'ajoutant à la suspension initiale, avec obligation de restituer physiquement le permis dans les 10 jours sous peine d'aggravation
  • Impact assurance : majoration jusqu'à 150% de votre prime actuelle (plafonnée légalement à 400% même en cas de cumul), avec risque de résiliation et inscription au fichier AGIRA pendant 5 ans
  • Prescription de 6 ans : les forces de l'ordre peuvent vous poursuivre pour ce délit jusqu'à 6 ans après les faits selon l'article 8 du Code de procédure pénale

Conduite malgré suspension : des sanctions pénales immédiates et sévères

Prendre le volant alors que votre permis est suspendu constitue un délit pénal passible de sanctions lourdes. L'article L224-16 du Code de la route prévoit jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 4 500 euros d'amende pour cette infraction. Il est important de distinguer les différents types de suspension : la suspension administrative préfectorale est limitée à 6 mois (portée à 1 an en cas d'accident mortel, d'alcoolémie ou de stupéfiants), tandis que la suspension judiciaire peut atteindre 3 ans, voire 5 ans selon la gravité de l'infraction initiale.

Au-delà de ces peines principales, vous perdez automatiquement 6 points supplémentaires sur votre permis lors de la condamnation. Cette perte s'ajoute aux points déjà retirés pour l'infraction ayant causé la suspension initiale. Si vous êtes propriétaire du véhicule utilisé, la confiscation obligatoire sera prononcée, sauf décision contraire motivée du tribunal. Le véhicule confisqué est alors transféré à l'AGRASC (Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués) pour destruction ou vente, sans aucune indemnisation du propriétaire quel que soit le prix d'achat initial.

À noter : La confiscation devient automatique et obligatoire en cas de récidive d'alcool ou stupéfiants, d'excès de vitesse supérieur à 50 km/h, de conduite avec faux permis, ou d'emprise simultanée d'alcool et stupéfiants même lors d'une première infraction. Aucune indemnisation n'est prévue, même si votre véhicule vaut plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Imaginez la situation de Marc, commercial de 42 ans. Suspendu pour excès de vitesse, il décide de reprendre le volant pour honorer un rendez-vous client important. Contrôlé sur l'autoroute, il écope de 8 mois de prison avec sursis, 3 000 euros d'amende et voit sa voiture neuve confisquée définitivement.

Les circonstances aggravantes qui doublent les peines

La récidive dans les 5 ans double automatiquement les sanctions selon l'article 132-10 du Code pénal. Les peines grimpent alors à 4 ans d'emprisonnement et 9 000 euros d'amende. Il est crucial de comprendre que la récidive légale se définit comme la commission d'une seconde infraction de même nature dans les 5 ans suivant la première condamnation définitive, et non pas 5 ans après l'infraction elle-même. La conduite sous l'emprise d'alcool ou de stupéfiants pendant la suspension constitue également une circonstance aggravante majeure.

Le cumul avec d'autres infractions routières aggrave encore la situation. Un conducteur intercepté pour conduite malgré suspension et excès de vitesse simultanés verra les sanctions se cumuler, avec un risque accru de prison ferme. Sachez que le délai de prescription pour ces délits routiers est de 6 ans à compter du jour où l'infraction est commise selon l'article 8 du Code de procédure pénale, permettant aux forces de l'ordre de vous poursuivre même plusieurs années après les faits.

L'aggravation automatique de votre situation initiale

Au-delà des sanctions pénales immédiates, conduire malgré une suspension aggrave systématiquement votre situation administrative. Une suspension supplémentaire pouvant atteindre 3 ans s'ajoute à la suspension initiale, prolongeant d'autant votre interdiction de conduire. Vous devez impérativement remettre physiquement votre permis à la préfecture dans les 10 jours suivant la notification de la lettre 48SI d'invalidation, sous peine d'aggravation des sanctions.

Le tribunal peut même prononcer l'annulation définitive de votre permis avec interdiction de le repasser pendant une durée pouvant aller jusqu'à 3 ans. Cette sanction extrême vous obligera ensuite à repasser l'examen complet du permis de conduire, code et conduite inclus.

Pour récupérer votre droit de conduire après une telle sanction, vous devrez obligatoirement passer un examen psychotechnique d'une durée minimum de 40 minutes, facturé environ 100 euros (requis pour toute suspension de 6 mois ou plus, pas seulement pour les annulations), ainsi qu'une visite médicale devant la commission médicale préfectorale. Ces démarches restent entièrement à votre charge, et le rendez-vous pour l'examen psychotechnique doit être pris auprès d'un psychologue déclaré auprès du préfet.

Conseil pratique : Si votre permis fait l'objet d'une suspension ou d'un retrait, consultez immédiatement un avocat. Certaines suspensions administratives peuvent être contestées dans des délais très courts, et une défense adaptée peut permettre de limiter les conséquences sur votre droit de conduire.

Contrairement aux idées reçues, il n'existe aucune exception légale permettant de conduire malgré une suspension, même en cas d'urgence médicale vitale. Les "autorisations de circuler" parfois délivrées par certains avocats n'ont aucune valeur légale et ne vous protégeront pas en cas de contrôle.

Les conséquences financières durables sur votre assurance

L'impact sur votre assurance automobile représente l'une des conséquences les plus lourdes de la conduite malgré suspension. Vous avez l'obligation légale d'informer votre assureur dans les 15 jours suivant la notification de suspension, par lettre recommandée avec accusé de réception.

Les majorations de prime peuvent atteindre 150% de votre cotisation actuelle en cas de suspension pour alcoolémie ou stupéfiants. Pour une prime annuelle de 600 euros, vous pourriez ainsi payer jusqu'à 1 500 euros l'année suivante. Plus précisément, les majorations s'appliquent selon la durée de suspension : 50% pour une suspension de 2 à 6 mois, 100% pour une suspension supérieure à 6 mois, et jusqu'à 200% en cas d'annulation du permis. Ces majorations s'appliquent pendant 2 ans maximum après la première échéance annuelle suivant l'infraction. Toutefois, l'article A.121-1-2 du Code des assurances fixe un plafond légal de 400% de la prime de référence, même en cas de multiples infractions.

Plus grave encore, votre assureur peut décider de résilier votre contrat. Cette résiliation entraîne votre inscription au fichier AGIRA (Association pour la Gestion des Informations sur le Risque en Assurance), visible par toutes les compagnies d'assurance pendant 5 ans. Retrouver un assureur acceptant de vous couvrir deviendra alors un parcours du combattant, avec des tarifs prohibitifs.

Les coûts cachés et l'impact professionnel dévastateur

Au-delà des amendes et majorations d'assurance, de nombreux frais cachés s'accumulent. Les frais d'enlèvement et de garde en fourrière de votre véhicule restent à votre charge durant toute la procédure, pouvant représenter plusieurs centaines d'euros. S'ajoutent les frais d'examen psychotechnique (environ 100 euros), de visite médicale obligatoire, et éventuellement de stage de sensibilisation à la sécurité routière (200 à 300 euros).

Pour les conducteurs professionnels, les conséquences deviennent dramatiques. Transporteurs, livreurs, VRP ou taxis risquent la perte immédiate de leur emploi. L'obligation d'informer l'employeur si la conduite est nécessaire à votre activité peut entraîner un licenciement pour inaptitude.

  • Impossibilité de conduire les véhicules de fonction pendant toute la durée de la suspension
  • Perte de revenus directe pour les professions libérales nécessitant des déplacements
  • Difficultés à retrouver un emploi nécessitant le permis de conduire

Exemple concret : Sophie, infirmière libérale de 35 ans, a été suspendue 4 mois pour un excès de vitesse de 45 km/h. Tentée de continuer ses visites à domicile, elle est contrôlée après 3 semaines. Résultat : 6 mois de prison avec sursis, 2 500 € d'amende, suspension supplémentaire de 18 mois, et confiscation de son véhicule professionnel d'une valeur de 22 000 €. Sans possibilité d'exercer, elle a dû fermer son cabinet et se reconvertir, perdant une patientèle constituée pendant 8 ans.

La recherche d'une nouvelle assurance après suspension devient un véritable casse-tête. De nombreuses compagnies refusent systématiquement d'assurer les conducteurs ayant eu un retrait de permis dans les 36 derniers mois. Celles qui acceptent appliquent des tarifs majorés pendant au minimum 2 ans après la première échéance annuelle suivant l'infraction.

Face à l'ampleur des sanctions encourues pour conduite malgré suspension, l'accompagnement d'un avocat devient crucial pour défendre vos droits et limiter les conséquences. Maître HASSOUMI KOUNTCHE Boubacar, avocat à Caen, met son expertise en droit pénal et droit routier au service des conducteurs confrontés à ces situations délicates. Son cabinet propose un accompagnement personnalisé, de la contestation de la procédure jusqu'à la représentation devant le tribunal correctionnel. Situé au cœur de Caen, le cabinet offre une première consultation pour analyser votre situation et définir la meilleure stratégie de défense, avec des honoraires transparents et la possibilité de bénéficier de l'aide juridictionnelle.